Si vous avez des questions spécifiques sur le projet, n’hésitez pas à envoyer un courriel à info@houseofagroecolgy.org
Le lancement du projet a eu lieu au CRA-W de Gembloux le 30 mai 2024. Vous trouverez ci-dessous la présentation du CRA-W sur les pratiques de culture du blé dur et celle du Kick-off Basta.
Le projet Basta est un projet EIP (European Innovation Partnership) qui s’étend de mai 2024 à mai 2026 et explore la création d’une filière blé dur belge. Des agriculteurs et des partenaires souhaitant investir durablement collaborent pour atteindre une pâte 100% belge.
Les techniques agroécologiques progressent, mais la rotation des cultures rentable reste un défi pour de nombreux agriculteurs. Grâce à une collaboration régionale entre agriculteurs, nous voulons relever ce défi.
Le changement climatique offre des opportunités, et l’expérience montre que la culture de blé dur en Flandre et en Wallonie est prometteuse. Dans deux clusters régionaux, nous mettons la théorie en pratique grâce à des formations en agroécologie, des visites et des discussions avec sept agriculteurs, deux conseillers en culture et un acheteur. Nous explorons les techniques agroécologiques pour obtenir des rendements de qualité et améliorer la fertilité des sols, tout en construisant une chaîne de valeur solide.
Le projet vise les objectifs de la PAC, dont la chaîne de valeur, le climat, la biodiversité, le revenu et l’innovation, renforçant ainsi la position de l’agriculteur. Nous répondons aussi à la demande sociétale pour des ingrédients locaux.
Partenaires :
- Boerenbond – Bart Thoelen : coordination, communication et administration
- HoA – Frances Schutte : mise en œuvre du contenu
- ILVO – Koen Willekens : analyses de sol et distribution de semences
- Inagro – Lieven Delanote : accompagnement de 3 agriculteurs dans la région de Flandre occidentale et essai sur le terrain
- Stefan Muijtjens : accompagnement de 4 agriculteurs dans la région du Pajottenland
- Soubry : achat, transformation, retour des résultats, accords équitables
- Agriculteurs : culture, récolte, expérimentation Agro-Eco, réseau d’apprentissage
Les différents sujets étudiés sont :
- Connaissances de la culture : recherche sur les variétés de blé dur adaptées et les techniques de culture
- Suivi des mesures agroécologiques appliquées (outil, conseil, plan de culture)
- Potentiel du blé dur en fonction de la transformation : tests au niveau de la première et seconde transformation
- Chaîne de valeur durable : cadre pour des accords commerciaux durables et équitables
Expériences de la première année de culture
Agroécologie ?
Les sept agriculteurs et deux conseillers agricoles étudient quelles techniques agroécologiques sont réalisables dans la culture du blé dur afin de générer à la fois un rendement qualitatif pour la transformation et un gain de sol. Il s’agit notamment de semer des engrais verts, de pratiquer un travail du sol sans labour, d’utiliser des engrais organiques, de rouler et de limiter fortement, voire d’exclure complètement, la protection chimique des cultures.
Certains participants sont allés assez loin dans cette voie, d’autres ont fait des pas plus modestes. L’impact de ces mesures au niveau de l’exploitation est également mesuré à l’aide d’un indice de régénération. L’objectif est de déterminer objectivement où en est chaque agriculteur à l’heure actuelle, quels sont les points à améliorer et de suivre l’évolution après quelques années. L’agriculteur choisit lui-même les points sur lesquels il souhaite travailler en priorité et le rythme auquel il souhaite progresser.
Le partenaire ILVO a été sollicité pour évaluer les gains en matière de sol. L’analyse du sol s’est notamment concentrée sur le pourcentage de matière organique et d’azote total ainsi que sur l’activité bactérienne des parcelles. La dispersion des valeurs entre les agriculteurs a donné lieu à des discussions intéressantes et à de nouvelles idées pour la saison suivante.
Expériences de la première année de culture
Le rendement moyen de la première année de culture était de 7,80 tonnes au niveau des champs d’essai (Inagro) et de 5,82 tonnes par hectare au niveau pratique. Un hiver relativement doux et un été sec avec une récolte précoce ont certainement contribué à ce résultat. La teneur en protéines était également bonne pour la plupart des agriculteurs.
Commercialisation et fixation des prix
L’objectif est de créer une chaîne régionale durable à partir de clusters régionaux. Avec un partenaire tel que Soubry, leader régional dans la transformation du blé dur en pâtes, la sécurité des débouchés était déjà garantie. En collaboration avec les agriculteurs, un exercice a été réalisé autour d’un coût acceptable, comme point de départ pour les discussions sur les prix avec l’acheteur Soubry. Les applications agroécologiques qui augmentent ou réduisent les coûts ont également été examinées en détail.
Il a été constaté que, malgré un bon rendement, le prix du marché seul ne suffit pas à couvrir les coûts au niveau du groupe. Afin de mettre en place une chaîne durable, la phase actuelle du projet consiste à examiner comment les primes de durabilité et de risque ou un modèle de tarification échelonnée, basé en partie sur le coût, restent réalisables et abordables tant pour l’agriculteur que pour l’acheteur. Une année d’expérience est bien sûr encore trop courte pour pouvoir se prononcer. C’est pourquoi Soubry souhaite s’engager à continuer à travailler avec le même groupe d’agriculteurs après la fin de ce projet.